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Octobre 3rd, 2010
Famine et Al-Quaïda au Niger
Published on Octobre 3rd, 2010 @ 08:53:19 pm , using 454 mots, 966 vues
Aide alimentaire du C’EST
Plusieurs d’entre nous ont dû voir le reportage de Radio-Canada sur la famine au Niger et les ravages occasionnés par la présence d’AL-Quaïda.
Suite à une terrible sècheresse, 10,000 enfants sont déjà morts de faim au Niger. Moussa et Efad nous ont dit que nous allions certainement perdre plusieurs de nos élèves si nous ne les aidions pas pendant les trois mois de vacances scolaires. Chaque enfant est donc reparti dans sa famille avec suffisamment de mil et de riz pour assurer la survie de tous les membres. Les donateurs savent que notre mission est l’éducation des enfants mais, comme disent les Africains : « Un sac vide, ça ne tient pas debout. » Le C.A. du C ‘EST connaît l’engagement personnalisé et l’attachement des donateurs/parrains vis-à-vis leur filleul. En choisissant d’ajouter cette aide alimentaire exceptionnelle, les directeurs sont assurés de l’appui de tous nos donateurs.

Une nouvelle plaie: Al-Quaïda!
L’instabilité politique créée par l’ancien dictateur Tandja a permis l’infiltration d’importantes cellules d’Al-Quaïda au Maghreb Islamique (AQMI) un peu partout au Niger, mais surtout dans le Nord. En avril 2010, un Français de 78 ans, gestionnaire d’une petite ONG comme celle du C’EST, Michel Germaneau, a été enlevé entre Ingall et Agadez. Il a été exécuté ce mois-ci. Les rapts ne se limitent plus aux diplomates. Toutes les dernières victimes étaient des gestionnaires de petites ONG car les gouvernements de certains pays versent de grosses rançons à l’AQMI pour obtenir la libération de leurs ressortissants : l’Espagne aurait versé 7 millions d’euros le mois dernier pour la libération de trois humanitaires espagnols détenus depuis quelques mois. Quand le pays refuse de négocier, comme c’est le cas de l’Angleterre, l’otage est exécuté.
Le 15 septembre 2010, cinq Français, un Malgache et un Togolais sont kidnappés à Arlit. Les gouvernements français et canadiens ont rappelé tous leurs ressortissants à Niamey, voir même au pays. Ils suggèrent aux ONG de faire gérer leurs organismes par des nigériens sur place et d’assurer la surveillance à partir de Niamey. Le C’EST a toujours fait gérer son projet sur place par des touaregs. C’est ce qui nous a permis d’être la seule ONG en opération dans le Nord pendant toute la rébellion. Malgré l’insécurité de cette période, je suis allée en mission chaque année dans le Nord pour faire les achats, veiller à la rentrée, etc… mais Al-Quaïda, c’est trop pour moi !
Lors de ma prochaine mission, je vais demeurer à Niamey et j’y ferai venir les mandataires, les professeurs et Alitane afin que nous puissions travailler et réfléchir ensemble à l’avenir du C’EST.
Octobre 3rd, 2010
La fin de l'année scolaire du C'EST
Published on Octobre 3rd, 2010 @ 08:12:49 pm , using 550 mots, 126 vues
3ième semestre à l’École du C’EST
Notre école a aussi subi quelques soubresauts pendant ce semestre. La Direction de l’Enseignement de Base d’Arlit nous a enlevé notre nouveau directeur Monsieur Hamid Ismaril Alfaget pour l’affecter, contre son désir, à une école publique très populeuse d’Ingal. Nous avons pu finir l’année scolaire avec un 3ième enseignant mais cette situation m’inquiétait au plus haut point pour le futur car, avec de jeunes enfants, la stabilité est indispensable à un bon apprentissage. Pour nos petits pensionnaires, elle est aussi très importante pour leur sécurité affective.
Nos enfants ont tous réussi leurs examens malgré tout et après avoir reçu leur bulletin et fêté la fin de l'année avec leurs enseignants et leurs parents, le 1er juillet ils sont rentrés dans leurs familles. Mais le combat commençait pour le C‘EST.


Après avoir du nous battre pendant tous les mois d’avril et mai avec un conseiller pédagogique malhonnête qui voulait forcer le C’EST à rétablir son école à Tézerzaït (alors que la région n’est pas encore déminée) et qui nous chargeait des tarifs usuriers pour garantir la constance des enseignants, nous avons réussi à informer la Directrice de l’Enseignement de Base d’Arlit (DEBA), Madame Chaïbou Nana Marianna, de nos demandes. Au début de nos négociations, il semblait difficile d’obtenir de sa part un engagement formel à l’effet que la DEBA nous accorderait deux professeurs qualifiés et matriculés pour toute la durée de l’année scolaire 2010-2011.
Nous avons alors décidé d’interpeller des instances supérieures et d’envoyer un dossier au Directeur Général de l’Éducation Nationale (DREN) d’Agadez, Monsieur Aréma Chegou et au nouveau maire d’Iférouane, Monsieur Mohamed Alhassane. J’ai demandé à mon amie Alitane et à Moussa, notre mandataire, d’aller défendre ce dossier auprès des autorités concernées… et j’ai reçu, le mardi 28 septembre dernier, la confirmation écrite que non seulement les deux directions acquiescent à notre demande mais qu’en plus elles s’engagent à payer le salaire de nos enseignants. Soulagement!!!
Pour obtenir la prolongation de notre permis de relocalisation à Arlit, je me suis adressé à deux amis de longues dates, tous deux membres du Gouvernement provisoire. Malgré leur lourde tâche de réinstaurer la démocratie de tout un pays, mes amis m'ont assurée de leur appui. J'ai demandé à Monsieur Oumara Maï Manga, Ministre intérimaire de la Jeunesse, d'intercéder en notre nom auprès du Préfet d'Arlit et à Monsieur Mohamed Anacko, Ministre intérimaire, Conseiller spécial au Président, de contacter son neveu, le maire d'Iférouane Monsieur Mohamed Alhassane afin que ces deux instances n'exigent pas notre départ immédiat pour Tezerzaït.
Mes amis ont tenu parole car peu de temps après la réception du dossier, le Maire d'Iférouane m'appelait pour m'assurer de son support et de son désir de faire tout en son pouvoir pour aider le C'EST "une des rares ONG a être demeurée active dans le Nord pendant la rébellion!"
Toutes les nouvelles autorités approchées ont exprimé leur gratitude pour l’aide indéfectible du C’EST pendant la période trouble que le pays a traversée. Toutes ont renouvelé leur engagement d’aider le C’EST à réaliser sa mission et exprimé leur désir de maintenir un contact régulier avec sa présidente.

